En regardant mon jardin, je lui ai susurré dans le creux de la feuille du chou, « toi, il va falloir que tu me fasses faire des économies… ». Croyez-le, il a tremblé ! Ce sacré lopin de terre a cru que j’allais le mettre à la diète. Moins de compost, moins de soins, moins de fleurs qui ne rapportent que de la couleur… Les restrictions budgétaires allaient le mettre partiellement en jachère, mot gentil pour dire en repos, en inactivité, en vacances.
J’ai donc du rassurer tout mon environnement, biotope et biocénose réunies, même les oiseaux de la campagne voisine qui regrettaient déjà de ne pas être migrateurs.
J’ai exposé mon plan d’action.
- « Compost sur toute la surface et paillage permanent ! » Les vers, les fourmis et la salade applaudirent.
- « Plantation sur billot ou en carré avec fosse d’arrosage au milieu ! » Le compost reprenait des couleurs et le syndicat des racines ouvrières fut rassuré.
- « Cet hiver un plan du jardin mentionnant les rotations de cultures et les associations de plantes compagnes serait établi avec une place importante réservée aux cultures florales ! » Les œillets d’Inde reprirent la maturité de leurs graines.
- « Finis les semis en grand nombre ! chaque variété aura ses graines minutieusement comptabilisées dans la terrine pour éviter les surproductions. » Les haricots souvent serrés trop près les uns des autres, soupirèrent de bon air.
- « Et finies les cultures qui ne se plaisent pas chez moi. Les trocs plants du club des jardiniers de France serviront aux échanges des légumes en surnombre afin que tous puissent profiter d’une totale biodiversité dans l’assiette ! »
Ce fut l’explosion de joie. Le jardin plaisir avait une nouvelle mission, celle de redonner un peu d’épinards pour agrémenter le beurre. Un jardin, c’est un don. Profitons-en.
Un baladin des champs jouait avec l’air du temps qui passe.
Un balanin des près se riait du noisetier.
Le baladin des chants souffla dans la flute.
Le balanin des raies pondit ses œufs.
Le baladin des bois s’en alla vers la ville
Le balanin des haies s’envola vers d’autres contrées.
Ces deux là n’étaient pas faits pour se rencontrer
Mais tous deux trouvèrent noisettes à leur goût.
Il a de grands yeux noirs et un nez à faire pâlir de jalousie les Cyrano, de Bergerac et d’ailleurs. De plus il a des ailes et sait s’en servir. Notre personnage est le balanin, un coléoptère d’un cm et demi de long, qui sévit dans les noisetiers.
Non seulement l’adulte grignote les feuilles, mais la femelle perce la noisette encore tendre pour y déposer un œuf. La ponte avoisinant les 30 œufs, voici deux belles poignées de noisettes fichues par balanin !
La larve se développe dans la noisette. Cette dernière finit par tomber au sol avant sa maturité (fin juillet – fin aout) La larve s’enterre entre 10 et 30 cm de profondeur, et rentre en diapause, c’est-à-dire en période de vie ralentie durant 10 à 36 mois !
Elle se nymphose ensuite en juin juillet pour donner une forme adulte, l’imago. L’insecte adulte sortira de terre au printemps suivant en mai – juin.
Le balanin s’empresse alors de s’accoupler.
Le balanin des noisetiers a des cousins, le balanin des chênes qui officie dans les glands et le balanin des châtaigniers.
Il n’y a pas de moyen de lutte chimique efficace pour le jardinier amateur. A la limite tant mieux !
Le piégeage des adultes, le ramassage après avoir secoué le noisetier, le paillage au sol pour ralentir les larves dans leur opération d’enfouissement- les oiseaux faisant le nettoyage par le vide-, le retournement de la terre en automne pour remonter à la surface les larves qui seront détruites par le froid ou les oiseaux, sont des moyens utilisés en jardinage au naturel, dans le respect de l’environnement. L’acceptation de partager les noisettes avec les balanins en est un aussi.
La mûre mûre sur un mur,
Dans le gosier d’une copine
Finit, cueillie sans un murmure,
Oublié, le pic de l’épine !
Quelle est la différence entre une mûre et une ronce ?
Certains diront que la ronce est une liane et la mûre un fruit. D’autres rétorqueront que par extension le nom du fruit donne le nom de la plante ; les groseilles remplacent les groseilliers, les fraises les fraisiers, etc.… D’autres encore parleront de Rubus fruticosus, la ronce sauvage dont les fruits comestibles sont composés et formés de l’agrégation des carpelles modifiés et transformés en petites drupes qui restent adhérentes au réceptacle floral.
Ceux-là n’ont jamais été dans les ronciers, chercher les mûres pour la tarte du soir.
Heureux les mois d’aout où l’orage fait descendre quelques dizaines de millimètres d’eau dans la journée. Les mûres gonfleront. « Et les épines seront moins piquantes » criait la vieille aux enfants récalcitrants à la récolte des fruits.
Et pourtant, quel plaisir d’avoir la langue noire et les lèvres sucrées. Et de montrer fièrement les valeureuses griffures aux bras aux copines compatissantes.
Le panier plein, se vidant quelque peu sur la route du retour, les enfants dissertent sur le goût amer de certaines de ces baies ; est-ce un ver qui a trouvé un gîte ou juste une punaise voyageuse ayant laissé derrière elle quelque substance nauséabonde ?
Plutôt que de se plaindre que les ronces ont des épines, réjouissons-nous que les ronces aient des mûres !
… et chenilles !
Plutôt que de faire ici la liste des plantes visitées par les papillons et abritant des chenilles, autant rendre hommage à ceux qui ont fait le travail en amont.
En cliquant sur le lien ci-dessous (ou en le recopiant dans votre barre d’adresses) vous aurez un superbe tableau. Reste à vous d’aller rechercher à quoi ressemblent les plantes mentionnées
Rassurez-vous, la plupart sont très communes.
http://www.noeconservation.org/imgs/bibliotheque_fichier/061116175034_plantespourpapillons.pdf
Vous êtes nombreux à me poser cette question : que faire de la surproduction de haricots verts?
Se rappeler des corvées d’épluchage et prévoir un semis échelonné l’an prochain…
On peut aussi les faire congeler:
- Mettre les haricots dans l’eau bouillante et non salée
- Les laisser 2 minutes à partir du moment où l’eau recommence à bouillir (ça s’appelle les faire blanchir)
- Les retirer de l’eau bouillante et les plonger dans l’eau froide pour stopper la cuisson.
- Les étaler sur un torchon bien absorbant et les éponger avec un autre pour les faire sécher
- Les laisser quelques heures au frigidaire, dans un plat
- Mettre les haricots en sac congélation et ensuite au congélateur
Histoire de fleurs
Si le lis fut l’ornement de la royauté et plus précisément l’emblème des Rois de France, d’autres fleurs sont devenues les représentantes végétales de la République.
Aux trois couleurs de notre drapeau national furent associées le bleuet, la marguerite et le coquelicot.
Il ne faut pas voir un désintéressement des valeurs de la République, dans le fait que ces trois fleurs sauvages sont devenues des mauvaises herbes et qu’elles sont pourchassées, traquées, détruites dès leur apparition dans le premier champ de céréales, à grands coups de désherbants sélectifs.
Il est vrai qu’un pied de coquelicot peut donner naissance à une descendance impressionnante et devenir vite envahissant. Plusieurs dizaines de milliers de graines peuvent s’échapper d’un seul pied de coquelicot. L’agriculteur céréalier n’apprécie que moyennement ces graines invasives lors de la moisson.
Nos trois fleurs républicaines ont déserté nos campagnes où ne mugissent plus les féroces soldats – et c’est tant mieux – En revanche, chassez le naturel, il revient au galop. La France est un pays rural où il fait bon sentir la prairie naturelle. Les bleuets, marguerites et coquelicots sont de retour ! Où ? Dans nos jardins ! les jachères fleuries comportent un certains nombre de plantes sauvages (mais aussi des horticoles) dont nos fleurs nationales.
En ce mois de fête nationale, recueillons-nous devant nos emblèmes fleuris et ayons une pensée pour toutes les disparues de la flore planétaire.
Elle sent bon la campagne et le naturel. La jachère fleurie s’invite dans tous les espaces se voulant champètre. mais, c’est quoi, une jachère fleurie ?
Une jachère est une parcelle de jardin constituée de plantes herbacées sauvages ou horticoles, adaptées à l’environnement local.
Si vous ne disposez pas d’espace où vous pouvez laisser pousser les herbes sauvages, créez vous-même votre parcelle « naturelle » avec des semences appropriées.
Belles, écologiques, faciles d’entretien, d’un coût modique, les jachères fleuries vous apportent une éco-déco et attirent un grand nombre d’auxiliaires. Ces derniers sont indispensables à la pollinisation de vos fruits et légumes ainsi que dans la lutte contre les parasites.
Les jachères fleuries sont composées de plusieurs familles et espèces végétales, ce qui augmente la biodiversité dans le jardin.
Elles offrent un refuge pour les insectes, leur fournissent la nourriture, l’eau, l’ombre et l’abri dont ils ont besoin.
Elles attirent les pollinisateurs, abeilles, papillons, les oiseaux et les petits mammifères.
Les jachères fleuries deviennent un petit écosystème, le naturel dont à besoin votre jardin.
La Bourrache, plante mellifère contenue dans certains mélanges de jachère fleurie
Les occasions ne manquent pas pour offrir un jasmin en pot, couvert de fleurs blanches et odorantes. Mais faudra-t-il le garder en pot, ou le planter en pleine terre ?
Si tous les jasmins peuvent vivre en pot, certains ne résistent pas au froid et passeront bien volontiers l’hiver à l’abri du gel.
Jasminum officinalis résiste à des températures avoisinant les – 10°C , voire -12°C à l’abri d’un mur. Celui-ci sera planté en pleine terre, avec un support où seront guidées ses branches souples. Le Jasmin officinal se contente de peu ; une terre normale et peu d’eau lui conviennent.
Son cultivar ‘Grandiflorum’ est moins résistant au froid. Prévoir un emplacement abrité ou la pose d’un voile d’hivernage avant les gelées.
Jasminum polyanthum est une plante typique de la véranda. Lumière et humidité de l’air le feront prospérer. A garder en pot (au moins 30cm de diamètre), sans oublier de le fertiliser. Malgré tout, un stage à l’extérieur en été lui fera le plus grand bien.
Jasmin étoilé : voila un jasmin qui n’en est pas un. Trachelospermum jasminoïdes ou Rhyncospermum jasminoïdes suivant le choix de l’appellation, le jasmin étoilé à la vigueur du jasmin, sa floraison, son odeur et pousse le plaisir jusqu’à posséder un feuillage persistant. Sa résistance va jusqu’à –15°C ; c’est donc une plante de jardin, pouvant être mise en pleine terre. En cas de doute, un voile d’hivernage peut faire la différence en période de gel, surtout les premières années.
Il est des conseils qui par manque de précisions peuvent conduire à des erreurs de conduite dans le jardin.
Nombreux sont les sites ou revues qui vous donnent comme travaux pratiques à faire en juin la taille des spirées et des lilas. Peut-être serait-il bon de rappeler qu’il existe dans nos espaces de verdure, des spirées d’été et d’autres qui ont fleuri au printemps. Petit rappel :
Les spirées de printemps (S. arguta, thumbergii, vanhouttei, ‘Snowmound’, prunifolia…) se taillent juste à la fin de la floraison. Les spirées d’été (billardii, bumalda, japonica…) se taillent tôt, comme les rosiers, dès la fin de l’hiver. Si vous les avez oubliées, il est préférable de ne rien faire et de remettre l’opération à l’an prochain.
Dans le cas du Lilas, il y a un abus de langage en appelant le Lagerstroemia, le lilas d’été. C’est le risque avec les noms français et vernaculaires. Ce lilas d’été, nommé aussi lilas des Indes, n’a rien à voir avec le lilas de printemps, à part sa floraison en panicule qui lui a donné ce nom usuel. On taillera légèrement le lilas qui a fini de fleurir et de nous embaumer les massifs, mais laissons le Lagerstroemia monter à fleur pour colorer nos jardins dès le mois prochain.
Autre piège de la taille, le Buddleia. Si l’espèce la plus répandue est B. davidii, l’arbre au papillon à floraison estivale, il en est un, le B. alternifolia qui offre une floraison bleutée abondante au printemps. C’est Celui-ci qu’il faudra raccourcir quelque peu.
La même différence se retrouve chez le rosier. Le non remontant (qui ne remonte pas à fleur) se laisse raccourcir dès la fin de sa floraison.
Pourquoi tailler les arbustes à floraison printanière dès la fin de floraison et pas plus tard ? Parce que c’est en été qu’ils fabriquent leurs futurs boutons floraux. Une taille tardive vous ôterait du plaisir des yeux au prochain printemps.
A en croire la littérature jardin, les plantes dépolluent l’atmosphère. On vient de redécouvrir l’une des vertus du végétal, la purification de l’air !
Et à en croire toujours les mêmes écrits, nos intérieurs sont bourrés de gaz toxiques : trichloréthylène, formaldéhyde, xylène, toluène, ammoniaque, benzène, acétone, monoxyde de carbone… à se demander comment on peut vivre dans une pièce sans plantes dépolluantes !
La liste de ces aides précieuses est longue : Fougères, (il en existe de nombreuses variétés), Gerbera (très jolie « marguerite » de couleur), Kentia (un palmier d’intérieur), Lierre (toutes variétés) Chamaedorea et Rhapsis (autres palmiers) Phalaenopsis (une orchidée), Philodendron (et ses grandes feuilles découpées), Sansevieria (appelé aussi Langue de belle-mère, allez savoir pourquoi…), Cissus (la vigne d’appartement), Spathiphillum (la fleur de lune), Chlorophytum (la plante araignée), mais aussi le Schefflera, le Pothos, le Cypérus, le Syngonium, le Dieffenbachia, le Dracaena, l’Aglaonema…quelle plante n’a pas son petit effet sur la purification de l’air ?
Le dilemme se pose dans la chambre à coucher. Plantes ou pas plantes ? Je pencherais pour la première proposition. Si les végétaux respirent et nous piquent notre oxygène, la quantité de gaz carbonique rejetée la nuit par votre ficus ne vous asphyxiera pas.
D’autant plus qu’en juin, les plantes vont faire un tour dehors ! Il est grand temps de sortir toute vos tropicales et subtropicales (vos plantes vertes quoi !) afin qu’elles se refassent une santé.
Placez-les à l’ombre et tenez-les arrosées. Même les orchidées. Elles ont besoin d’une amplitude thermique jour / nuit pour fabriquer leurs boutons floraux.
Et dites-vous que vos belles plantes vertes vont dépolluer l’air de votre jardin…









