Plante

daniel lys

humeur de jardinier

Et bien oui, Catherine est devenue la sainte des bois qui prennent racine. Cette pauvre Catherine était mariée et elle aimé tellement son mari, qu’elle refusa de s’unir à l’empereur romain Maxence. Et c’est le 25 Novembre 307 qu’elle fut décapitée (source jardipédia). Si elle avait accepté de changer d’époux et de devenir femme d’empereur, elle serait devenue veuve 5 ans plus tard…

Quelle relation avec le dicton qui stipule que tout bois prend racine? N’y voyez pas ici un quelconque rapprochement de la bouture de bois sec, surtout celle de tête, faite avec l’extrémité supérieure d’un rameau. La tête des Catherine ne repousse pas, même dans un bon terreau. En revanche les boutures de tête (et même celles de tronçon) s’enracinent bien à cette époque de l’année, où la végétation s’est mise en repos. Repos partiel, car l’hiver fera naître un bourrelet cicatriciel à la base de la bouture, lieu de la rhyzogénèse (fabrication de racines).

C’est donc le moment de faire vos boutures de bois sec, c’est-à-dire de bois sans feuilles (et non du bois mort, faudrait pas exagérer le pouvoir régénérant de la nature…). Il doit bien y avoir sur ce site, la façon de faire des boutures, si, si je vous assure ! Alors, à vos sécateurs (désinfecté !) et hop, dans le jardin à l’assaut des arbustes à fleurs, y compris les rosiers. Les petits fruits, cassis, groseilles… suivent le même procédé de multiplication.

Désolé, mais Catherine d’Alexandrie, la chrétienne, n’y est pour rien dans cette pratique horticole.  Sauf que le calendrier romain a fait figurer son nom à la date du dicton le plus connu des jardiniers.







Enfin, c’est maintenant qu’il faut y penser.

Ce champignon au joli nom de Taphrina deformans, est responsable de la cloque du pêcher qui déforme le feuillage (et les rameaux) en apportant une couleur rougeâtre aux pêchers, brugnoniers, nectariniers, et parfois les amandiers au début du printemps. Joli ? pas vraiment. Les feuilles sont boursouflées, et sèchent ou pourrissent suivant le temps. En cas de fortes attaquent répétées tous les ans, l’arbre peut en mourir.

Mais le traitement est efficace si préventif. Je n’ai jamais essayer de mettre des coquilles d’oeufs dans les branches ou de planter de l’ail au pied (peut-être devrais-je), mais la pulvérisation au cuivre a fait ses preuves pour éviter la maladie. Le cuivre a pour effet de détruire les spores du champignon qui voudraient passer l’hiver au chaud dans les écailles des bourgeons.

Utilisez un produit à base de cuivre, sous forme de sulfate, oxyde ou oxychlorure. Respectez les doses et les précautions d’emploi. Faites un premier traitement quand les feuilles sont quasi tombées et un second lorsque l’arbre est nu (ho!) Le troisième traitement se fait juste à la fin de l’hiver au stade dit de pré-débourrement.

Evidemment, les traitements se font par temps calme et ni avant, ni après une pluie.







Salut a tous je suis un lycen qui fais un petit exposé sur les plantes vivaces et une question me turlupine, et je risque peut-etre de rabacher le sujet, mais les plantes vivaces et les plantes bisanuelles ne font pas qu’un ? Je veux dire une plante peut être à la fois vivaces ET bisanuelle elle ne peut etre qu’une seule chose a la fois ???? Merci a l’avance de vos réponses !!! :D

Ma réponse:

Mon cher Baptiste, voici une question qui  turlupine plus d’un étudiant. Petit rappel :

Une annuelle a un cycle végétatif sur une année civile (du 1er janvier au 31 décembre) : elle germe au printemps, fleurit, met à graine, meurt avant la fin de l’année.

Une bisannuelle a son cycle végétatif à cheval sur deux années civiles : souvent la floraison à lieu la seconde année, mais les nouvelles variétés horticoles peuvent avoir une floraison précoce, dés l’automne de la première année.

Une vivace est une plante herbacée (en principe), qui vit plusieurs années.

Peut-on dire qu’une bisannuelle est une vivace qui ne vit que deux ans? On pourrait… Mais ces différenciations sont plus horticoles que botaniques. Le terme bisannuelle s’emploie pour les plantes herbacée de massif que l’on met en place à l’automne pour une floraison printanière.

Mais comme la nature fait bien les choses, tout ça est rempli de contradictions. Un exemple la primevère. Botaniquement c’est une vivace, mais utilisée en bisannuelle, (plantée en automne  et déplantée dès la venue de l’été suivant), parfois même avant la fin de sa première floraison (et donc jetée, la pauvre, mais très vite remplacée par d’autres plantes dans les massifs). Pourquoi ne pas la garder ? parce que la floraison qui s’en suivrait (la 3ème année civile donc) serait plus modeste, les variétés horticoles dégénèrent souvent.

Il y a des vivaces dans le sud de la France qui sont considérées comme annuelles dans d’autres régions car gélives (agathea…)

Et pour couronner le tout, il y a des vivaces qui ne vivent pas très longtemps… Les termes annuelle, bisannuelle et vivace sont pour qualifier les plantes pour l’usage que le jardinier en fait.

J’espère que ces explications vous aideront, le langage des jardiniers et celui des botanistes demande parfois quelque éclaircissement.







En réponse à une question posée par un internaute:

« Je voudrais remplacer ma haie moribonde par une clôture grillagée rigide et mettre des plantes grimpantes dessus. Que me conseillez-vous? »

Tout dépend du type de sol et de la région où vous êtes. En général, lierre, vigne-vierge, chèvrefeuille, loin d’être originaux sont des valeurs sûres. Si la hauteur de la clôture le permet, vous pouvez implanter une glycine, une bignone ou un rosier banks, attention ces plantes sont très vigoureuses. Plus petits mais avec de l’effet, les jasmins d’été ou d’hiver sont faciles de culture si on prend garde au froid, certaines variétés sont sensibles au gel. Les clématites à petites fleurs vous donneront aussi une grande satisfaction.

Toutes ces plantes peuvent se mélanger sur la clôture. En revanche, la plantation est à soigner. Voici un petit truc pour que votre clôture fasse son office de séparation.

Si les végétaux sont plantés tels qu’ils sont fournis, bien droits sur leur tuteur, seule la hauteur de la clôture sera recouverte par les nouvelles pousses. Pour éviter d’avoir des trous à la base de ce « mur » végétal, enlevez les tuteurs et faites courir les tiges des plantes à l’horizontal, dès le bas du grillage. Les nouvelles pousses le garniront sur une grande surface.

Mur végétal







La terre est parfaitement et uniformément jaune. De la couleur de la plage lorsque le soleil écrase les baigneurs. Sauf que le sable manque. D’ailleurs tout manque dans ce sol. Sauf l’argile. L’argile, jaune comme le sable…

Dans les Cévennes, aux frontières aléatoires – cela comprend une bonne partie du sud du Massif Central – la région est rude pour les plantes. Dans le jardin où je dois aménager un massif d’arbustes, je prends en compte les moins 18°C de l’hiver dernier, les plus 36°C de cet été. La pluviométrie n’est pas plus faible ou plus importante qu’ailleurs en France mais il peut tomber 2 à 3 mois de pluie en 24h. Et l’argile millénaire est accrochée à la colline.

Le jardin est entouré de vigne et d’oliviers. Quelques chênes verts intrépides se sont implantés et jouent les prolongations.

La tarière fixée au tracteur peine à creuser plus de 30cm ce bloc de béton. Il n’a pas plu depuis presque 4 mois et le vent balaye la contrée. Je dois finir les trous à la pioche-hache, tranchant les racines des cornouillers sanguins essaimés par les oiseaux.

Le choix des espèces montre surement un manque d’originalité mais l’ensemble est cohérent et esthétique. Buddleia alternifolia, Abelia, Elaeagnus panaché, Cotoneaster lactea, Lilas variés forment l’arrière garde. Je risque un Viburnum bodnantens et une Nandine, ainsi qu’un Genêt d’Espagne. La touche personnelle se traduit par un Ribes odorata aux cotés d’un Lonicera fragrantissima.

Les trous sont rebouchés avec un mélange de sable de la rivière, de terreau bas de gamme, du compost bien mûr et deux poignées d’un fertilisant organique. Après l’arrosage d’une soixantaine de litres par pied, la cuvette est rebouchée et recouverte de vieux fumier de cheval très pailleux.

Ce n’est pas quelques tonnes d’argile qui vont arrêter le jardinier !